Lignes directrices DSA sur les mineurs 2025 : ce que chaque plateforme de créateurs doit mettre en place avant la date limite
La Commission européenne publie en juillet 2025 de nouvelles lignes directrices DSA pour la protection des mineurs. Qu'est-ce que cela signifie pour les plateformes de créateurs, les outils link-in-bio et les créateurs de contenu dans l'UE ? Explication complète avec checklist d'implémentation.

Le Digital Services Act (DSA) sera complété en juillet 2025 par des lignes directrices spécifiques pour la protection des mineurs sur les plateformes en ligne. Si vous gérez une plateforme de créateurs, proposez un outil link-in-bio, ou créez du contenu susceptible d'être vu par des jeunes, vous devrez respecter de nouvelles exigences avant la date limite d'implémentation. Rendez-vous directement à la checklist en 5 étapes pour une liste d'actions concrètes.
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Définitions : DSA et protection des mineurs
- Digital Services Act (DSA)
- En une phrase : Règlement européen qui oblige les plateformes en ligne à la transparence, la modération et la protection des utilisateurs — y compris des mesures spécifiques pour les mineurs.
- Plateforme en ligne (définition DSA)
- En une phrase : Tout service qui stocke et diffuse publiquement des informations à la demande des utilisateurs — des grands réseaux sociaux aux outils de créateurs plus modestes.
- Mineur (contexte DSA)
- En une phrase : Toute personne de moins de 18 ans utilisant des services en ligne au sein de l'UE.
- Très grande plateforme en ligne (VLOP)
- En une phrase : Plateformes comptant plus de 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'UE, soumises à des obligations DSA renforcées.
- Systèmes de recommandation algorithmique
- En une phrase : Systèmes automatisés qui déterminent quel contenu les utilisateurs voient — un point central des nouvelles lignes directrices sur les mineurs.
- Vérification de l'âge
- En une phrase : Mécanismes pour vérifier l'âge des utilisateurs, allant de l'auto-déclaration à la vérification documentaire.
Que sont précisément les lignes directrices DSA pour les mineurs ?
Réponse courte : Ce sont des orientations complémentaires de la Commission européenne qui clarifient comment les plateformes doivent concrètement mettre en œuvre les obligations DSA existantes concernant la protection des mineurs.
Le Digital Services Act contient déjà depuis son entrée en vigueur des dispositions fondamentales sur la protection des mineurs. L'article 28 du DSA interdit explicitement aux plateformes de diffuser de la publicité personnalisée aux mineurs lorsqu'elles savent « avec une certitude raisonnable » qu'un utilisateur est mineur. Mais la mise en œuvre pratique — comment déterminer cette « certitude raisonnable » ? Quelles mesures techniques sont suffisantes ? — restait floue.
Les lignes directrices de juillet 2025 comblent ce vide. Elles s'appuient sur les expériences des dix-huit premiers mois d'application du DSA et fournissent des orientations concrètes pour :
- Les méthodes de vérification et d'estimation de l'âge
- Les choix de conception qui protègent les mineurs (« safety by design »)
- Les restrictions sur les recommandations algorithmiques pour les jeunes utilisateurs
- La transparence envers les parents et tuteurs
- Les obligations de signalement spécifiques aux risques concernant les mineurs
La Fondation Panoptykon, une organisation polonaise de défense des droits numériques qui conseille la Commission européenne et le Parlement européen sur l'application du DSA, souligne dans ses notes d'information que l'application actuelle est insuffisante. Leur analyse pour le Parlement européen indique que les plateformes n'investissent pas suffisamment dans la vérification de l'âge et que les systèmes algorithmiques continuent d'exposer les mineurs à des contenus nuisibles.
En France, la CNIL a déjà publié plusieurs recommandations sur la protection des mineurs en ligne, notamment concernant la vérification de l'âge pour l'accès aux sites pornographiques. Ces travaux nationaux s'inscrivent dans le cadre plus large du DSA et préfigurent les exigences à venir.
Quelles plateformes sont concernées par les règles DSA sur les mineurs ?
Réponse courte : Toutes les plateformes en ligne proposant des services aux utilisateurs de l'UE, mais le niveau d'obligations est proportionnel à la taille de la plateforme.
Le DSA distingue différentes catégories de prestataires de services. Pour les plateformes de créateurs et les outils link-in-bio, la question pertinente est : entrez-vous dans la définition de « plateforme en ligne » ?
Une plateforme en ligne selon le DSA est un service d'hébergement qui non seulement stocke des informations, mais les diffuse également publiquement. Une page link-in-bio accessible au public et composée par l'utilisateur entre en principe dans cette catégorie. Cela signifie que même des services relativement modestes doivent respecter les obligations de base.
Obligations par type de plateforme
| Type de plateforme | Exemples | Catégorie DSA | Obligations mineurs | Date limite | Sanctions en cas de non-conformité |
|---|---|---|---|---|---|
| Très grande plateforme en ligne | TikTok, Instagram, YouTube | VLOP | Mise en œuvre complète incluant évaluations des risques, audits indépendants, transparence algorithmique | Applicable immédiatement | Jusqu'à 6% du chiffre d'affaires mondial annuel |
| Grande plateforme de créateurs | Patreon, Substack | Plateforme en ligne | Obligations de base plus devoir de vigilance renforcé en cas de base d'utilisateurs mineurs significative | Lignes directrices juillet 2025 | Spécifique à chaque État membre, jusqu'à 20M€ ou 4% du CA |
| Outils link-in-bio | LinkDash, outils similaires | Plateforme en ligne (hébergement) | Conformité DSA de base, pas de publicité ciblée aux mineurs si l'âge est connu | Lignes directrices juillet 2025 | Spécifique à chaque État membre |
| Créateur avec son propre site | Portfolios personnels | Généralement hors définition de plateforme | Pas d'obligations DSA directes, mais législation nationale applicable | N/A | Législation nationale |
| Plateformes d'adhésion | Ko-fi, Buy Me a Coffee | Plateforme en ligne | Similaire aux link-in-bio, attention particulière pour le contenu payant | Lignes directrices juillet 2025 | Spécifique à chaque État membre |
| Réseaux de micro-influenceurs | Hubs collectifs de créateurs | Plateforme en ligne | Dépend de la structure et du nombre d'utilisateurs | Lignes directrices juillet 2025 | Spécifique à chaque État membre |
Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour les créateurs ?
Réponse courte : Les créateurs eux-mêmes ne sont pas des « plateformes » au sens du DSA, mais les outils et plateformes qu'ils utilisent doivent être conformes — et cela influence la façon dont vous pouvez monétiser et distribuer votre contenu.
Scénario 1 : Créateurs mode et lifestyle
Si vous créez du contenu dans des niches populaires auprès des jeunes — mode, beauté, gaming, musique — vous remarquerez que les plateformes deviennent plus strictes avec le contenu sponsorisé. Les lignes directrices DSA exigent que les plateformes puissent démontrer qu'elles ne diffusent pas de publicité personnalisée aux mineurs. Cela signifie que vos liens affiliés et posts sponsorisés pourraient avoir moins de portée auprès des jeunes audiences, selon la façon dont les plateformes ajustent leur ciblage.
Scénario 2 : Créateurs de contenu éducatif
Vous faites des tutoriels, de l'aide aux études ou d'autres contenus éducatifs ? Votre audience comprend probablement beaucoup de mineurs. Les plateformes seront particulièrement prudentes dans la façon dont elles recommandent votre contenu. Cela peut être positif — le contenu éducatif est souvent catégorisé comme « sûr » — mais cela peut aussi signifier que vos options de monétisation deviennent plus limitées si les plateformes sont conservatrices avec la publicité autour du contenu pour les jeunes.
Scénario 3 : Créateurs de contenu 18+
Les lignes directrices mettent particulièrement l'accent sur un contrôle d'âge efficace pour le contenu adulte. Si vous créez du contenu inapproprié pour les mineurs, vous dépendrez davantage des plateformes qui mettent en œuvre une vérification d'âge robuste. Cela peut augmenter le seuil pour les nouveaux abonnés, mais offre aussi plus de certitude que vous travaillez en conformité.
Scénario 4 : Créateurs dont le contenu concerne des mineurs
Les family vloggers, chaînes pour enfants et créateurs produisant du contenu mettant en scène des mineurs feront face à une attention accrue. Les lignes directrices DSA s'inscrivent dans des initiatives européennes plus larges concernant les droits des enfants en ligne. Attendez-vous à une modération plus stricte et potentiellement des exigences de vérification supplémentaires.
Scénario 5 : Créateurs internationaux avec une audience UE
Vous travaillez depuis l'extérieur de l'UE mais avez une audience européenne significative ? Le DSA est extraterritorial — les plateformes offrant des services aux utilisateurs de l'UE doivent être conformes, peu importe où elles sont établies. En tant que créateur, cela signifie que les plateformes sur lesquelles vous êtes actif doivent de toute façon se conformer.
Checklist en 5 étapes : conformité DSA mineurs
- Auditez votre utilisation des plateformes — Faites une liste de toutes les plateformes et outils que vous utilisez pour la distribution et la monétisation de contenu. Vérifiez si ces plateformes sont conformes au DSA (cherchez leur enregistrement auprès du Coordinateur des services numériques ou leurs déclarations de conformité).
- Évaluez votre audience — Analysez les données démographiques de votre audience. Quel pourcentage a moins de 18 ans ? Les plateformes utiliseront ces données pour leurs évaluations des risques.
- Examinez votre monétisation — Contrôlez vos liens affiliés, contenu sponsorisé et intégrations publicitaires. Comprenez comment ceux-ci se rapportent aux nouvelles restrictions sur la publicité personnalisée aux mineurs.
- Mettez à jour votre stratégie de contenu — Considérez si votre contenu nécessite des indications d'âge claires. Certaines plateformes demanderont aux créateurs d'étiqueter leur contenu.
- Choisissez des outils conformes — Sélectionnez des plateformes et outils qui travaillent proactivement à la conformité DSA. Cela minimise les risques et assure la continuité.
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Cas limites et situations particulières
« Mon link-in-bio ne contient que des liens vers d'autres plateformes — suis-je quand même une plateforme ? »
Techniquement, vous hébergez du contenu (les liens et descriptions que vous ajoutez) et le rendez accessible au public. La définition du DSA est large. Cependant, l'application pratique se concentrera sur les plateformes où les risques sont les plus importants. Une simple page de liens sans hébergement de contenu propre ne recevra pas le même niveau de scrutin qu'un réseau social.
« Je n'ai aucune idée de l'âge de mes abonnés »
C'est précisément ce que les lignes directrices abordent. Les plateformes doivent développer des mécanismes pour estimer ou vérifier l'âge. En tant que créateur, vous avez une influence limitée sur ce point — c'est principalement la responsabilité de la plateforme. Vous pouvez cependant indiquer clairement dans votre bio et votre contenu à quel public votre contenu s'adresse.
« Mon contenu n'est pas nuisible, pourquoi serais-je concerné ? »
Les règles DSA sur les mineurs ne concernent pas uniquement le contenu nuisible. Elles portent aussi sur la publicité personnalisée, la collecte de données et les recommandations algorithmiques. Même un contenu totalement innocent peut être affecté si les plateformes ajustent leurs algorithmes pour être plus conservatrices avec les mineurs.
« Je travaille avec une agence qui gère mes collaborations »
Les agences et bureaux de gestion de talents devront adapter leurs processus. Attendez-vous à plus de questions sur les données démographiques de l'audience et potentiellement des restrictions sur certains types de collaborations. La responsabilité reste principalement celle de la plateforme, mais les agences travaillant avec des marques renforceront leur politique de brand safety.
« Et si une plateforme n'est pas conforme ? »
Les plateformes qui ne respectent pas le DSA risquent des amendes significatives. En tant que créateur, votre principal risque est l'instabilité de la plateforme — une plateforme sous pression peut modifier ses fonctionnalités ou, dans des cas extrêmes, cesser d'opérer dans l'UE. La diversification sur plusieurs plateformes et vos propres canaux (comme votre propre site web ou liste email) devient plus importante.
Avertissement : Ces informations ne constituent pas un avis juridique. Les lignes directrices DSA doivent encore être définitivement publiées et l'interprétation peut varier selon l'État membre et la situation spécifique. Consultez un spécialiste juridique pour des conseils adaptés à votre situation.
Sources et informations complémentaires
- Commission européenne — Guidelines under the Digital Services Act
- Transformative Private Law — The Collective Online Protection of Minors in the DSA
- Panoptykon Foundation — Brief for the Hearing at the European Parliament on DSA Enforcement and the Protection of Minors
- EUR-Lex — Règlement (UE) 2022/2065 (texte complet du Digital Services Act)
- CNIL — Vérification de l'âge en ligne : trouver l'équilibre entre protection des mineurs et respect de la vie privée
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Digital Services Act (DSA) ?
Le Digital Services Act (DSA) est un règlement européen qui oblige les plateformes en ligne à la transparence, la modération et la protection des utilisateurs — y compris des mesures spécifiques pour les mineurs. Le règlement est pleinement applicable depuis février 2024 pour toutes les plateformes en ligne dans l'UE.
Qui sont les mineurs selon le DSA ?
Les mineurs selon le DSA sont toutes les personnes de moins de 18 ans utilisant des services en ligne au sein de l'UE. C'est la limite d'âge standard que le DSA applique pour les mesures de protection.
Qu'est-ce qu'une très grande plateforme en ligne (VLOP) ?
Une très grande plateforme en ligne (VLOP) est une plateforme comptant plus de 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'UE. Les VLOP sont soumises aux obligations DSA les plus strictes, y compris des évaluations des risques obligatoires et des audits indépendants.
Qu'est-ce que la vérification de l'âge selon le DSA ?
La vérification de l'âge selon le DSA comprend des mécanismes pour vérifier l'âge des utilisateurs, allant de l'auto-déclaration à la vérification documentaire. Les lignes directrices de juillet 2025 précisent quelles méthodes sont acceptables.
Quand les lignes directrices DSA sur les mineurs entrent-elles en vigueur ?
Les lignes directrices DSA complémentaires pour la protection des mineurs seront publiées en juillet 2025. Les plateformes bénéficieront ensuite d'une période de mise en œuvre, dont la durée exacte sera déterminée par la Commission européenne.
Un outil link-in-bio est-il concerné par le DSA ?
Oui, un outil link-in-bio peut être concerné par le DSA en tant que « plateforme en ligne » lorsqu'il stocke des informations et les diffuse publiquement à la demande des utilisateurs. Les obligations pratiques dépendent de la taille et du profil de risque du service.
Quelles sont les amendes en cas de non-conformité au DSA ?
Les plateformes qui ne respectent pas le DSA risquent des amendes allant jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires mondial annuel pour les très grandes plateformes en ligne, et des sanctions spécifiques à chaque État membre pour les plateformes plus petites, pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires.
Puis-je en tant que créateur faire de la publicité pour des produits destinés aux mineurs ?
Le DSA interdit aux plateformes de diffuser de la publicité personnalisée aux mineurs lorsqu'elles savent qu'un utilisateur est mineur. En tant que créateur, cela signifie que votre contenu sponsorisé pourrait avoir moins de portée auprès des jeunes audiences, selon la façon dont les plateformes ajustent leur ciblage.
Quelle est la différence entre le DSA et le RGPD pour les mineurs ?
Le RGPD régule principalement le traitement des données personnelles et fixe des limites d'âge pour le consentement (16 ans, ou moins selon l'État membre — 15 ans en France). Le DSA porte plus largement sur la responsabilité des plateformes, la modération de contenu et les systèmes algorithmiques. Les deux se complètent dans la protection des mineurs en ligne.
Comment savoir si une plateforme est conforme au DSA ?
Les plateformes doivent désigner un point de contact pour les questions DSA et s'enregistrer auprès du Coordinateur des services numériques de leur État membre d'établissement. Vous pouvez rechercher des déclarations de conformité dans les conditions d'utilisation ou les pages juridiques des plateformes. La Commission européenne publie également des listes des VLOP désignées.
Le DSA s'applique-t-il aussi aux plateformes hors UE ?
Oui, le DSA est extraterritorial. Les plateformes offrant des services aux utilisateurs de l'UE doivent respecter le DSA, peu importe où elles sont établies. Cela signifie que les plateformes américaines ou asiatiques doivent également être conformes si elles servent des utilisateurs de l'UE.
Que dois-je faire en tant que créateur maintenant ?
Auditez votre utilisation des plateformes, évaluez les données démographiques de votre audience, examinez votre stratégie de monétisation, envisagez l'étiquetage du contenu et choisissez des outils qui travaillent proactivement à la conformité DSA. Consultez la checklist en 5 étapes dans cet article pour une liste d'actions complète.
Prochaines étapes pour les créateurs
Les lignes directrices DSA sur les mineurs de juillet 2025 marquent une nouvelle phase dans la régulation européenne des plateformes en ligne. Pour les créateurs, l'impact direct est limité — vous n'êtes pas vous-même une plateforme — mais les plateformes sur lesquelles vous êtes actif vont changer. Cela influence votre portée, vos options de monétisation et les outils disponibles.
L'approche la plus intelligente est proactive : comprenez quelles plateformes vous utilisez, diversifiez votre présence, et choisissez des outils qui prennent la conformité au sérieux. Ainsi, vous minimisez les surprises lorsque les plateformes ajusteront leurs politiques.
À lire aussi : Les bases du RGPD pour les créateurs et EU Digital Identity Wallet : ce que les créateurs doivent savoir.
Andreas
Fondateur de LinkDash
Andreas est le fondateur de LinkDash. Depuis 2025, il développe une alternative européenne à Linktree avec paiements Wero et iDEAL, outils IA et rendu côté serveur pour des performances GEO/SEO maximales.
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